Là-bas, c’est chez moi…

On a tous un endroit, comme ça, où l’on aime se retrouver, où l’on a besoin de « rentrer » parfois, où l’on aime à aller revoir les gens que l’on a laissés, un « là-bas ».

Le mien, il est loin de mon pays d’adoption, mais je le traîne partout avec moi. Une personne m’a dit une fois qu’on peut vivre partout dans le monde, peu importait, qu’on emportait partout avec soi « sa terre » dans ses bottes. Et c’est vrai.

 

Ma terre à moi, elle est sublime : de ses immenses montagnes, on aperçoit les villes aux pierres noircies par les volcans, des pierres si noires que les ‘gens d’ailleurs’ disent qu’elle est sale lorsqu’ils en méconnaissent l’origine, mais ils en tombent amoureux dès qu’ils approchent et voient la majesté de ce que cela donne sur la cathédrale.

cathedrale

C’est un endroit où se côtoient l’eau et le feu, le ciel et la terre. Les montagnes semblent accrochées aux nuages lorsqu’ils sont bas et les lacs ont pris naissance dans un lit que seuls les volcans pouvaient avoir creusé. Où que vous soyez, en tournant la tête, vous verrez des arbres à perte de vue sur les sommets. Là-bas, les éléments ont décidé de ne faire qu’un. La nature est belle et entière.

 

Les gens de chez moi sont fiers et droits. Le froid de l’hiver les a rendus durs au mal et le soleil étouffant de l’été, chaleureux et accueillants. S’ils vous ont ouvert la porte de leur maison une fois, vous savez que c’est leur cœur qu’ils ont offert.

J’aime à les voir noircir la Place lorsque la ville est en fête et porte fièrement les couleurs de leur équipe, ou qu’ils descendent s’unir pour pleurer ensemble l’histoire qui se raconte les dimanches de janvier…

Brassens les a chantés mieux que quiconque et l’air reste en tête à ceux qui viennent s’arrêter « par chez nous », comme disaient les anciens.

 

Nous autres, où que nous vivions, nous avons tous ce soupir de soulagement, lorsqu’au hasard d’un retour de vacances ou d’un départ prolongé, nous apercevons la pointe fièrement dressée de notre montagne. Alors l’on sait qu’on est « chez nous ».

 

J’ai la chance de venir de ce coin-là, ce « là-bas » qui m’a vu grandir, dont j’ai aimé arpenter les rues et les chemins. Et même si aujourd’hui, je ne vois plus mes montagnes, mes lacs, même si je ne peux plus admirer ma cathédrale du haut des parcs de la ville surplombant les façades, mon pays est plus que jamais présent lorsque j’ai le bonheur de revenir sur mes terres et d’entendre cet accent juste un peu chantant et on l’on rajoute un « y » à chaque phrase pour ne pas oublier qu’ « on y aime bien vivre ».

 

J’ai laissé là-bas famille et amis, ceux de toujours. Mais ils voyagent avec moi. Tout comme ma terre est restée dans mes bottes, mes souvenirs s’y sont logés aussi.

 

Je soupire d’avance en pensant qu’un jour prochain, lorsque je pourrais revenir, je serai sur l’autoroute bordée de champs et de prés et que je verrai, au loin, une aiguille perçant le ciel.

 

On a tous un chez nous, un endroit auquel on repense les soirs, dans la chaleur de ses pensées.

Je vous ai livré le mien et je sais que les gens de mon pays auront fait, l’espace d’un instant, le voyage avec moi, revu les paysages que, jamais, on ne peut oublier, même au bout du monde…

 

Signature Miss Plume

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Publié le 4 mai 2015, dans Les bonheurs, Les souvenirs, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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