L’horloge tourne

Je regarde l’heure, au milieu de mon salon, sur ma vieille horloge. Elle n’a rien de spécial, et pourtant, je lui voue une particulière affection parce que ça fait un paquet de temps que je vois ses aiguilles aller et venir au gré des heures qui filent, des jours qui passent et des saisons qui défilent.

 

Je me souviens quand je l’ai acheté. C’était …. Ah oui, j’avais encore un jeune âge, bien qu’à deux chiffres, je n’avais pas encore entamé la trentaine. J’étais jeune, encore consommable (oh eh, j’ai quand même bien le droit de me bercer d’illusions ! ), je courais encore dans les escaliers et je rentrais dans du 14 ans…

 

Je passais mes journées entre travail au bureau, rires entre collègues et soirées endiablées. Pas besoin de dormir ou presque à 29 ans. Et je profitais de mon temps en 24h/24 (j’exagère à peine). Je vivais à cent à l’heure, parfois plus vite encore, de peur de tout louper et c’était le bon temps. Celui des rires, des blagues, des amis qui vont en viennent dans les premiers appartements. C’était le temps des salles de bain où ne trônaient pas encore les crèmes antirides. Le temps des interminables appels téléphoniques. Le temps où on se dit « vivement demain », le temps ne passe pas assez vite.

 

Et puis un jour, on se dit que peut-être, il faudrait regarder l’heure. Voir le temps passer différemment. On change. La vie prend une tournure différente.

On achète une horloge et on se dit qu’il serait peut-être aussi temps de prendre le temps d’écouter les saisons, de se concentrer sur la trotteuse qui laisser passer les secondes.

On prend juste conscience que tout ça n’était pas éternel.

 

temps-qui-passe

 

Et aujourd’hui encore, je la regarde cette horloge. Parce qu’elle a été témoin de ma vie depuis 2005. Ça fait un paquet de temps hein ? Elle a bien vécu et elle vit encore. Elle m’est restée fidèle.

Quand son cœur s’essouffle, je la réanime à coup de Duracell et elle repart, vaillante.

Et je ne sais expliquer cet attachement qu’on peut parfois porter aux choses, un sentiment absurde que quelque chose, fait de plastique, fait partie de la famille…

 

Je l’ai achetée fin 2005. Nous sommes fin 2015. Dix années se sont écoulées.

Et elle l’a vue arriver…

Lorsqu’un soir, au 1er décembre, alors que d’autres ouvraient le premier petit jour de leur calendrier de l’Avent pour en sortir un petit cadeau, moi mon calendrier m’offrait mon plus beau des présents. « C’était exactement ce que j’avais commandé au Père Noël », je le clamais à tout le monde.

 

Tu es arrivée, il y a dix ans déjà et l’horloge a tourné. Elle t’a vu prendre tes premiers biberons, faire tes premiers gazouillis. Elle a admiré tes premiers pas,faire ta première rentrée d’école et tant de choses encore…. Aujourd’hui, elle te voit te comporter comme une jeune fille.

 

L’horloge a aussi tourné pour moi et même si parfois je me dis que je regrette ce passé de liberté et d’insouciance, je suis tellement fière de ce que tu es devenue, ma fille, que je ne peux que continuer à implorer le temps de passer encore et encore pour te voir grandir et m’émerveiller de tes grands yeux verts. Même si parfois, je rêve qu’il se fige et qu’on reste dans les bras l’une de l’autre, que rien ne change…

 

Dix années déjà que nous sommes peau contre peau, côté à côté, à nous dire des mots que les autres n’entendent pas dans nos silences. On se comprend sans se le dire.

 

Dix années de bonheur et je remercie chaque jour le ciel de m’avoir envoyé le bel ange que tu es.

 

Je te souhaite, mon Ange, un magnifique anniversaire. Tu rentres dans le monde de l’adolescence. Les aiguilles défilent aujourd’hui avec un goût nouveau…

Le 1er décembre 2005 à 18h48, tu as fait de moi une adulte.

Je t’aime.

Signature Miss Plume

 

 

 

Publicités

Publié le 30 novembre 2015, dans Accueil, Les bonheurs, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Magnifique article, comme d’habitude. Très bon anniversaire à votre puce. ♥

    Aimé par 1 personne

  2. Une déclaration comme tu sais si bien les faire Miss Plume. Un doux témoignage d’amour de maman.
    J’aime ce temps qui vient nous murmurer notre chance dans le creux de l’oreille.
    Belle journée à vous deux.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :