Juste quelqu’un de bien

Comme chaque année à cette période, vient le temps des sempiternelles phrases « j’ai été gentil(le) toute l’année », faisant mine d’imiter nos bouts d’choux qui sont persuadés qu’en disant cette simple formule, le Père Noël oubliera, en un quart de seconde, toutes leurs frasques.

Mais pour moi et a fortiori cette année où je me suis livrée ici même sur ce blog, c’est avant tout le temps de la remise en question.

 

Ai-je été aussi gentille que cette petite phrase légère le prétend ? Est-ce que je mérite qu’un vieux bonhomme bicentenaire prenne la peine de venir jusque chez moi malgré la neige et le froid (ami lecteur, ne me contrarie pas : le Père Noël existe ! Comme les fées et les licornes… Le contraire me détruirait le cœur !) ?

Alors, il est temps de faire un rapide bilan. Il sera succinct car je ne livre évidemment pas tout ici. J’en resterai donc aux grandes lignes.

 

Cette année 2015 a été l’année du changement. Du bouleversement même, si l’on peut dire. A tout niveau.

Il y a eu de très douloureux moments, d’autres plus joyeux. Certains pour des raisons plus intimes, tandis que d’autres ont été un partage avec mes concitoyens et une nation entière.

Rires et larmes, telle est la vie. Mais certains m’ont plus marquée que d’autres.

 

Je vais commencer par les larmes, car l’on dit qu’ « après la pluie, le beau temps ».

Donc commençons par le très mauvais temps, les orages et les inondations de larmes…

 

Celles du 7 janvier. Nous avons souffert ensemble de ces crimes odieux. Parce que chacun alors, avec l’histoire qui lui est propre, a trouvé dans l’une des victimes, la chose qui l’a bouleversé, sa raison de pleurer.

Les trentenaires – quadragénaires ont eu un choc à l’évocation de Cabu qui représentait un bout de l’enfance. Wolinski c’était l’insolence légère et sexuée d’une génération plus ancienne. Charb, l’ironie acerbe tombée sous les balles. Il y a eu les dessinateurs. Et l’on a pensé que nous ne pouvions tomber plus bas.

 

Jusqu’à ce vendredi 13 où nous avons tous ressenti le picotement, la décharge électrique dans le ventre, de leurs balles sur des innocents. Sur la vie tout simplement. Pas d’âges, de nationalités, de religions, de couleurs. Juste des cœurs qui battaient et du sang dans les veines répandu sur un sol qui les a pleurés à l’unisson.

Ils avaient réussi à nous faire descendre encore plus bas.

 

Terrible année où mes larmes ont coulé tant de fois, où je m’en suis voulue parfois même d’être moi, encore bien là, vivante, tandis que d’autres avaient laissé leur vie. Un drôle de sentiment qui laisse un goût amer. Le froid de la faux le long de la colonne à chaque instant, devant ces visages qui sourient uniquement sur du papier glacé à présent.

 

Mais comme tout le monde s’est dit alors, un peu comme une méthode Coué pour mieux s’en persuader, la vie reprend ses droits.

Mais le goût parfois n’est plus le même du tout. On prend des leçons de vie par les morts. On y pense.

 

L’année 2015 m’a appris à apprécier les moments que je ne voyais plus forcément, enfermée comme beaucoup dans mon existence et mon égoïsme, dans mes douleurs et mes regrets.

Je tente de rester, aujourd’hui, légère et d’apprécier un regard, un sourire, une plaisanterie. Je fais de mon mieux pour sourire aux gens et leur apporter tout ce dont je suis capable.

(Tu entends Père Noël… ?)

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Il y a eu aussi les larmes plus intimes, plus profondes, les regrets de ne pas être proche des miens dans des moments particuliers, la peur au ventre parfois de ne pas revoir des visages tant aimés.

Il y a eu les larmes de me dire que maintenant, ma vie ne sera plus tout à fait la même et que je dois apprendre la douleur en permanence et faire comme si tout allait bien, pour ne pas sombrer dans la facilité du côté obscur, du noir. Il y a eu la maladie, découverte et présente. C’est ainsi.

Il y a eu les ennuis de tout un chacun, les remises en question du quotidien, les interrogations sur mes capacités à entreprendre les choses, à faire des choses appréciées. Tant de doutes qui remontaient si loin, dans le passé.

 

Mais cette année 2015, j’ai appris une chose essentielle : la confiance en moi.

Oh, je ne ferai pas de miracle en une année et je ne prétends pas avoir réussi à m’aimer encore.  Mais je vais mieux depuis un certain 23 mars où j’ai appuyé sur petit bouton sur mon écran. Un bouton où était écrit « Publier » et où je vous ai soumis mes premiers textes.

Après les larmes et les découragements commençaient à sortir quelques rayons de soleil. Une petite éclaircie, des gens qui me suivent et disent aimer et, enfin, viennent régulièrement commenter des écrits.

Vous êtes aujourd’hui plus de 300.

Inimaginable encore il y a quelques mois de cela… Et mes mots ne seront jamais assez forts pour dire la joie que ça a créée en moi. L’envie de se lever le matin et de vous livrer des textes, des pensées, des regrets, parfois des rires. Une famille par extension s’est créée pour moi. Je suis sincère.

 

Et enfin, 2015 a été l’année où, plus que jamais, j’ai été mère. Il m’aura fallu du temps pour accepter le fait que, finalement, je pouvais, je savais assurer ce rôle et rendre mes enfants heureux. Il m’aura fallu des années pour que le fait que mon travail soit d’être maman pour un temps ne soit pas, pour moi, comme un échec de vie professionnelle mais plutôt comme une belle réussite de vie personnelle.

Si l’on m’avait dit un jour que je prendrai plaisir à être maman et juste cela, je pense que je ne m’y serais pas résolue. Aujourd’hui, j’aime les lever le matin, préparer leurs sacs, j’aime les voir courir vers moi et entendre le bruit des bisous sur ma joue à la sortie de l’école. J’aime leur présence.

Je suis maman au foyer. Je ne sais pas pour combien de temps. La vie me le dira. Mais surtout, je profite des moments qui me sont donnés où je peux les épater en leur faisant un plat, un gâteau. De ces moments où, la larme à l’œil mais cachée, je me sens fière d’entendre mon petit garçon me dire « quand tu n’es pas là, je m’ennuie sans toi, maman ».

 

L’année a connu de gros bouleversements. Bons ou mauvais. Riches et intenses en tout cas.

J’arrive, petit à petit, sur le chemin de mes 40 ans et j’ai la sensation d’apprendre encore et toujours. Et Dieu ! Que j’aime ça !

 

2015 et ses surprises de taille : se retrouver publiée par une maison d’édition, être acceptée comme rédactrice web dans un magazine internet, de belles rencontres de gens qui me suivent, des personnes qui me laissent toujours un mot après lecture et qui deviennent des ami(e)s, même virtuel(le)s, des amis tout de même, par leurs valeurs communes et la bonté qu’ils ou elles dégagent.

 

Un bien long texte aujourd’hui, presque un bilan de 365 jours. Et mes questions, au-delà de tout le reste, sont les suivantes : moi qui vous écris, qui prône dans mes textes des valeurs, de la gentillesse, de l’humanité. Moi, qui essaie de rechercher le meilleur de l’humain, qui n’accepte plus la compromission dans le mal, suis-je digne de ce que j’écris moi-même ?

Je le souhaite. J’espère, comme dit la chanson, être juste quelqu’un de bien, sans ambition de plus que ça. Simple et honnête. Mais le chemin est parfois difficile. On blesse sans le vouloir sur cette route-là. On peut faire mal et le regretter aussitôt.

J’espère seulement que je suis, au fond, l’image de la personne que mes écrits vous évoquent.

Un zeste de simplicité, une cuillère à soupe d’âme humaine et quelques centilitres de bienveillance.

Ma recette idéale.

Celle que j’essaie chaque jour de composer, pour la faire goûter à ma famille, mes amis, mes connaissances… Et à vous, mes lecteurs, tous très chers à mon cœur.

 

Si je n’écris plus d’ici là, je vous souhaite à tous de passer un merveilleux Noël, de très belles fêtes, entourés des gens qui comptent pour vous. Et d’y trouver la sérénité un peu manquante dans cette année de folie…

 

Je vous souhaite de l’Amour.

Je vous souhaite juste et simplement du Bonheur, avec un grand, un immense B.

Signature Miss Plume

 

 

 

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Publié le 17 décembre 2015, dans Les bonheurs, Les réflexions, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 12 Commentaires.

  1. Félicitations pour les belles réussites de cette année, et merci encore pour ce beau texte. Je vous le confirme, vous faites toujours passer une grande humanité, une sensibilité et un mélange de passion et de douceur toujours merveilleux à partager, c’est un petit coin de ciel bleu 🙂 Personnellement, je suis ravie de vous avoir découverte et de pouvoir lire vos écrits.
    Que votre année 2016 soit aussi lumineuse que vous le méritez ! ♥

    Aimé par 1 personne

  2. Toujours un plaisir de te lire ! Le passage de la quarantaine se fait bien, mais les blessures du cœur cicatrisent moins vite que les blessures du corps.

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  3. 2015 m’a semblé être une vraie épreuve, et je serai heureuse de passer à 2016.
    Mais comme tu le dis, il faut aussi savoir en tirer les bons moments et ce qu’on a acquis, ce qu’elle nous a faits devenir… Car tout n’est pas noir, au contraire. Il ne faut pas laisser le noir l’emporter.
    Félicitations pour tous tes accomplissements, en te souhaitant au moins autant de bonnes choses pour l’année prochaine, du moins assez pour compenser les désagréments qu’elle pourrait amener. À toi aussi, tout plein de bonheur !

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  4. Simplicité, humanité, bienveillance, elle me plait bien cette recette… Je me reconnais pas mal dans cet article, les drames de 2015 m’ont profondément secouée aussi. Et puis un blog créé un jour pour soigner quelques blessures, du chemin parcouru et des personnes qui entrent dans notre vie et comptent…

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    • Merci Marie ! Je suis heureuse si d’autres se reconnaissent ici. Je pense que dans le monde du blog, nous avons ce petit point commun d’amitiés liées sur internet et de ce lien tout particulier…
      Je t’embrasse ❤

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  5. De belles choses et des moments plus durs. Un équilibre fragile mais que tu as pleinement su trouver ma belle. Un condensé de 365 jours et de douces idées à lire et partager, encore et toujours.
    Bravo pour tes réussites.
    Ici, on se croire ou un peu plus. Et on avance ensemble, main dans la main. Les jours de cafard, on se sent moins seuls.
    Bravo pour tes publications. Il faudra que tu nous en dises plus…
    Je t’embrasse fort et bonnes fêtes de fin d’année à toi et aux tiens.

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  6. Comme toujours magnifiquement écrit
    Tellement fière d’être ta soeur
    Je t’aime

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