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En ce moment, plus que n’importe quand, je cogite… Possible ça, pour une femme ?,  me direz-vous, bande de petits sournois que vous êtes!! Eh bien oui, ça m’arrive, sachez-le !

Si vous avez suivi mes aventures bloguesques durant les derniers mois, vous avez appris ma « Grossesse »… Je vais mettre bas dans quelques heures et le moins que l’on puisse dire c’est que je m’en serais bien passée ! Mais je ne peux retarder l’échéance et vu que je n’ai pas la chance d’avoir Hemmett Brown et sa De Lorean parmi mes contacts, pas le choix, je dois y passer : dimanche, j’ai 40 piges…

Le bel âge, diront certains (faux culs !), âge de raison, pour d’autres… Tu parles !!

arbre

Mais bien sûr ! Merveilleux de crouler sous les annonces automatiques Google pour des chaussures orthopédiques, de voir ma messagerie remplie de spams pour la dernière innovation en termes de lifting !

Puis j’avais toujours rêvé de voir un jour un mail arriver me demandant si j’ai bien pensé à renvoyer le formulaire de demande pour ma convention obsèques…

 

Non, c’est vrai, la quarantaine, faut pas la vivre si mal que ça. Aujourd’hui, on me prend enfin au sérieux dans les commerces : on m’appelle Madame.

Ou pire, lorsque je suis de dos et qu’on m’appelle Mademoiselle, on se reprend en s’excusant de cette bévue !

Mais tu veux que je te le fasse avaler, moi, ton « Oh pardon, Madame, je n’avais pas vu ! » avec ta crème Q10 en cadeau avec le parfum…?

Bref, j’accouche de ma quarantaine et je ne veux pas !

 

Mais l’heure est surtout au questionnement : pourquoi je prends si mal cet âge ? Pourquoi donc je refuse net cette idée alors que c’est inévitable et, qui plus est, prévisible depuis environ… euh, quarante années, si je ne m’abuse… ?

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J’ai pris le temps de me poser, de réfléchir à tout cela et à vrai dire, il est difficile de répondre à cette question, parce que je crois que j’ai toujours refusé.

Du plus loin que je me souvienne, le fait de prendre une année était toujours une chose que j’étais étonnée de devoir fêter. Même jeune, on se rend bien compte que les autres gens autour n’ont pas tous dix ans et qu’ils doivent aussi supporter le poids de leurs années. Je cogitais trop, vous croyez ?

Oui, sans doute. Mais je voyais des personnes âgées qui avaient des douleurs et je comprenais bien qu’un jour, inéluctablement, je serai là, à leurs places… Alors, à quoi bon se réjouir devant un gâteau meringué et des bougies qui fondent comme notre vie ?

 

J’ai compris aujourd’hui ce qui me faisait mal. Ce ne sont pas les rides qui me font du mal, même si au fond, j’aurais volontiers gardé les traits de mes vingt ans.  J’aime les visages marqués par le temps donc, c’est autre chose…

En revanche, je sais maintenant ce qui me rend triste : je n’aurais plus jamais dix ans et en m’en éloignant, j’efface  des bribes de choses, des goûts, des odeurs, parfums, des sons de voix.  Je ne voulais pas quitter l’enfance. Je ne voulais pas grandir, je ne voulais pas quitter ces moments où l’on peut se blottir dans les bras de nos gens, où ils sont encore tous là, où la vie n’a rien de compliqué si ce n’est choisir sa marque de cartable…

Ma vie, la vraie, celle que j’ai aimé et ne m’a jamais déçue, c’était mon enfance.

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Ensuite, ce ne furent que des épisodes, des moments limités dans le temps, dans l’espace, dans le bonheur aussi. Si l’on me demandais une définition du bonheur, je répondrais l’enfance.

Après, on comprend, on sait, l’innocence s’enfuit et on n’a que de petits instants de joie.

Mais le vrai bonheur en pack, c’est l’enfance qui me l’a donné.

 

Dès l’adolescence, j’ai compris que rien ne serait plus pareil. En comprenant la vie, j’ai appris à renoncer. Et renoncer, c’est déjà mourir un peu.

Quarante ans, ce n’est qu’une étape, un milieu de vie ou peut-être plus, sans le savoir. Quand la maladie s’invite au réveillon, on n’a d’autre choix que de lui mettre le couvert et d’espérer que la fête ne soit pas trop loupée. Et là, elle a décidé de faire de la coloc avec moi avec bail illimité…

 

Je n’aurais plus mes dix ans, ni mes vingt ans et leurs nuits d’insomnie !  La jeunesse qui me maintenait toujours éveillée. Je n’aurais plus jamais ces années où tout était espoir. Un jour, un matin, les idéaux s’effondrent et on ne fait que vivre, simplement, sans plus rien attendre de plus que le matin suivant.

 

Aujourd’hui, j’ai compris et je n’espère plus guère que de pouvoir donner à mes propres enfants les mêmes souvenirs que ceux que j’ai pu avoir : les cours d’école, les bonbons, les copains qui crient ton nom, le bonheur de chaque nouveau soleil et la douceur de chaque baiser de maman au clair de la Lune…

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Dimanche, le gâteau sera trop petit pour mes quarante bougies et mon souffle un peu plus court aussi.

Mais lundi sera un autre jour et je vais alors faire, comme me l’a conseillé un grand ami, continuer en me disant que chaque jour n’est qu’un de plus que la veille, ne plus penser au chiffre !

Alors à lundi, avec quelques pattes d’oie au coin de l’oeil en plus, mais un énorme sourire. Promis, juré !

Signature Miss Plume

 

 

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Publié le 30 avril 2016, dans Les réflexions, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 13 Commentaires.

  1. Je te sens nostalgique !

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  2. Mais l’avenir reste à construire, c’est ce qu’il y a d’excitant !

    Aimé par 1 personne

  3. ❤ Courage… Le 1er mai, c'est un beau jour pour naître, muguet oblige 🙂
    Bises.

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  4. Sur un petit nuage

    Aller ma licorne en tutu, c’est la journée mondiale du rire alors arrêtes de faire couler des larmes (sur toi et nous ;)).
    Les chiffres sont toujours là pour nous faire angoisser, reste telle que tu es et ton grand ami à tout à fait raison, ce n’est qu’un chiffre, continue à vivre ta vie normalement <3.

    Gros gros bisous ma belle vintage ❤ 🙂

    Aimé par 1 personne

  5. Je crois que nous faisons tous un bilan à l’aube d’un anniversaire qui se dessine sur l’horizon. Le temps peut-être de faire le plein de jolis souvenirs. Tant d’autres restent à construire Miss Plume. Pas les mêmes, ni plus, ni moins beaux, juste différents!
    Je t’embrasse bien fort.

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